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Redressement du prix de la laine février 2010

Source RFI

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100 euros = 135.8 dollars australiens

L’industrie lainière ne se fait plus tondre, les prix se redressent - 16/02/2010

 

Depuis le début de l'année, le prix de la laine se redresse, au grand soulagement des éleveurs de l'hémisphère sud. L’appel du prince Charles à « porter le manteau en laine plutôt que la veste en polyester », le mois dernier, ne pourra que renforcer la tendance : la fibre naturelle connaît un renouveau, sur les marchés. L'héritier au trône d'Angleterre, soucieux de préserver l'élevage ovin au Royaume-Uni, a lancé une campagne de promotion de la laine mais elle est déjà revenue à la mode dans les manufactures textiles en vertu de ses qualités écologiques.

A cela s'est ajoutée la rigueur exceptionnelle de l'hiver dans l'hémisphère nord. Ainsi, la demande de literies et de vêtements en laine s'est accrue. Cela s'est traduit en espèces sonnantes et trébuchantes depuis le mois de janvier pour les éleveurs de moutons de l'hémisphère sud : l'indicateur de l'Est, le prix de référence en Australie, premier exportateur mondial, oscille depuis le début de l'année entre 920 et 950 cents australiens le kilo de fibre, soit 200 cents de plus qu'il y a un an ! Malgré le taux de change défavorable des dollars australiens et néo-zélandais par rapport au dollar américain, la vente de la laine commence enfin à redevenir rentable pour les éleveurs...

La fibre de qualité moyenne est très demandée depuis la fin de l'année dernière en Chine, qui absorbe aujourd'hui 80% des exportations australiennes mais aussi en Inde, pays qui est devenue l'an dernier le deuxième marché mondial devant l'Italie. Cette dernière préfère la laine superfine et n'est pas encore revenue aux achats. « Ça ne saurait tarder car ses stocks sont au plus bas » confie un acheteur, qui compte bien augmenter ses acquisitions en Australie ; « pas autant qu'il y a deux ou trois ans, précise-t-il, mais plus qu'au cours des douze mois passés ». Un signe : les ventes annuelles en Tasmanie ont augmenté pour la première fois depuis cinq ans.

La demande de laine se redresse, alors que l'offre, elle, s'est considérablement réduite : en Australie la production a chuté de deux tiers en 20 ans. En cause, la vogue des textiles d'origine pétrolière, plus faciles à entretenir. Mais aussi, les sécheresses à répétition. Faute de fourrage, le cheptel s'est réduit d'un quart en cinq ans en Australie ; de moitié en dix ans en Nouvelle-Zélande. Faute de fourrage, toujours, les ovins n'étaient pas conservés pour être tondus mais abattus au plus vite pour leur viande, qui, en outre se vendait beaucoup mieux que la laine ! Cette situation est donc en train de s'inverser. « Le temps de la laine bon marché, c'est fini », se félicite le Conseil des exportateurs de laine de Nouvelle-Zélande, dont l'économie s'est développée grâce à la fibre. Nul doute que le prince Charles partagera cette satisfaction.